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Parenté musicale entre les cultures écossaise et franco-canadienne

Laura Risk

Les airs de musique québécoise joués au violon et connus pour leur rythme aux intonations celtiques font partie intégrante de la musique folklorique franco-canadienne. Cette parenté musicale n’a rien d’étonnant puisqu’il existe bel et bien un lien entre les deux. Laura Risk compte se servir de sa bourse Vanier pour examiner ce lien et notamment la manière dont les airs écossais joués au violon se sont transformés au Québec.

« J’ai commencé à jouer du violon classique à l’âge de 7 ans. À 13 ans, j’ai rencontré Alasdair Fraser, un violoneux écossais de renom venu s’installer dans la baie de San Francisco », raconte Mme Risk, qui s’est mise au violon de façon professionnelle à la suite de ses études de premier cycle et qui, présentement, poursuit des études de doctorat en musicologie à l’Université McGill. Elle a commencé à s’intéresser au répertoire folklorique québécois de violon après avoir déménagé à Montréal en 2001.

« Je suis allée écouter de la musique québécoise traditionnelle et j’ai commencé à jouer les airs que j’entendais. J’étais intriguée par les similarités entre les airs de violon joués au Québec et en Écosse. Certains airs écossais sont joués au Québec, mais dans des versions totalement différentes. »

De nombreux airs de violon encore connus aujourd’hui datent de la fin du 18e siècle. Les violoneux ont créé des répertoires locaux et développé leurs propres styles, mais ils ont aussi pris part, au fil du temps, à un processus d’échange musical qui s’est poursuivi par la voie des musiciens ambulants, des partitions, de la radio et de la télévision.

Cependant, le cas du répertoire musical écossais est particulier, car même au 18e siècle, on le consignait sur papier, ce qui se faisait peu dans la tradition folklorique.

« Dans l’Atlantique du Nord, les styles musicaux des violoneux, qu’ils soient d’origine écossaise, irlandaise, anglaise, québécoise ou appalachienne, ont tous un lien de parenté. Ce n’est pas toujours évident de les distinguer les uns des autres, explique Mme Risk. À partir de quel moment un air cesse-t-il d’être écossais pour devenir québécois? Définir ces différents styles et comprendre les raisons sociales, culturelles et artistiques qui y sont liées m’intéresse. La musique traditionnelle locale est un véhicule d’identité culturelle susceptible de contribuer au façonnement d’une identité nationale. »

Pour cette chercheure native de la Californie, la bourse Vanier représente une exceptionnelle occasion de financement lui permettant d’examiner de plus près un aspect important de la culture canadienne. « Cette bourse me donnera la chance de voyager en Écosse et partout au Québec, en particulier dans la région de Gaspé, afin d’étudier la musique des violoneux. Grâce à cette bourse, il me sera aussi possible de présenter mes rapports de recherche dans le cadre de plusieurs conférences, dont celle de la Société canadienne pour les traditions musicales, de l’American Musicological Society et de la Society for Ethnomusicology. »

De plus, la bourse Vanier laisse à cette mère de deux enfants la latitude nécessaire pour établir un équilibre entre ses études et sa vie de famille. Membre du comité d’aide aux familles de la Société des étudiants des cycles supérieurs de l’Université McGill, un groupe qui aide les étudiants des cycles supérieurs et les chercheurs postdoctoraux à concilier études-famille, Laura Risk reconnaît que sa situation est plus qu’enviable par rapport à d’autres.